Développement inclusif, responsable et durable à la Direction nationale des mines du Panama

Le Panama est un pays à revenu intermédiaire élevé (Banque mondiale 2018) qui a connu une croissance sans précédent de 8 à 10 % pendant 15 ans. Cependant, la croissance du Panama a considérablement ralenti ces dernières années et n’a pas été répartie de manière homogène. Aujourd’hui, le Panama rencontre des difficultés à diversifier son économie et à se remettre de l’effondrement de nombeuses petites et moyennes entreprises, de la hausse du chômage et de la réduction des recettes publiques suite à la pandémie de COVID-19. Le Panama occupe la 67e place sur 189 pays dans l’indice de développement humain (IDH) du PNUD, mais son classement IDH chute à la 89e place lorsque l’inégalité des revenus est prise en compte et encore plus bas à la 108e place lorsque l’inégalité des sexes est prise en compte. 

 

Le secteur minier du Panama a commencé à croître rapidement peu après l’ouverture de la mine First Quantum/Cobre Panama, enregistrée à la Bourse de Toronto (un investissement de 7,5 milliards de dollars canadiens), qui a commencé à fonctionner en 2019 et est par la suite devenue la mine la plus moderne et la plus grande d’Amérique centrale et le plus gros investissement étranger de l’histoire du Panama.  Aujourd’hui, les revenus miniers sont les deuxièmes plus importants après ceux du canal de Panama. En 2020, sur 1,3 milliard de dollars US d’exportations, 813 millions de dollars US ont été attribués à l’exploitation minière.  Avec deux autres mines qui entreront en activité dans les années à venir, les contributions économiques de l’exploitation minière et le rôle du Canada en tant qu’investisseur majeur dans le secteur resteront substantiels pour les années à venir. 

 

Alors que le Panama tente de moderniser son cadre et ses pratiques de gouvernance minière, il existe une fenêtre historique pour parvenir à un secteur minier plus responsable et plus inclusif, offrant des possibilités plus larges de générer des revenus durables.   Le ministère du Commerce et de l’Industrie du Panama (MICI) a fait de la modernisation du secteur minier l’une des principales priorités économiques du pays. Grâce aux efforts de l’ambassade du Canada au Panama, en 2020, le Forum intergouvernemental sur l’exploitation minière, les minéraux, les métaux et le développement durable (IGF) a effectué une évaluation complète de la capacité du pays à mettre en œuvre le cadre stratégique minier panaméen (MPM). L’IGF a formulé des recommandations dans quatre domaines clés : i) avantages socio-économiques ; ii) gestion de l’environnement ; iii) cadre juridique et politique ; et iv) optimisation des avantages fiscaux. Ces recommandations ont été intégrées dans la planification stratégique du MICI et constituent le fondement de leur demande d’assistance technique (AT). Actuellement, le Panama ne dispose pas de l’expertise et de l’expérience nécessaires à la mise en œuvre efficace des recommandations de l’IGF pour moderniser son secteur minier en plein essor. Sur les 44 professionnels de la Direction nationale des mines (DNRM) du MICI, seuls 17 ont une certaine expertise minière, dont 35,3% de femmes. Seules trois universités panaméennes proposent des formations formelles liées à l’exploitation minière (plus précisément : ingénierie géotechnique, géologie) et les programmes sont relativement récents (de 2012 à aujourd’hui).