Recherche-action sur la cyber violence basée sur le genre contre les femmes

Engagée sur la voie des Objectifs de Développement Durable (ODD) à l’horizon 2030, la Tunisie multiplie les actions et de mobilise de nombreux moyens afin d’en assurer une meilleure mise en œuvre. En effet, le cinquième objectif des dix-sept Objectifs de développement durable (ODD) se rapporte à l’égalité des sexes et à l’autonomisation de toutes les femmes et les filles, lequel objectif est relié à plusieurs cibles à atteindre d’ici les 10 années à venir. Ce combat, celui d’une société égalitaire jouissant d’une démocratie inclusive, trouve son écho dans l’article 46 de la Constitution tunisienne qui incombe à l’Etat la responsabilité de renforcer les droits des femmes et de garantir leur représentativité dans les assemblées élues. Cet article énonce que : “L’Etat garantit les droits acquis de la femme et œuvre à les soutenir et à les développer. Il garantit l’égalité des chances entre l’homme et la femme dans l’exercice des différentes responsabilités. Il œuvre à la réalisation de la parité dans les assemblées élues. L’Etat prend les dispositions nécessaires à l’élimination de la violence qui s’exerce contre la femme”. Or, l’accès généralisé à internet, l’utilisation grandissante des réseaux sociaux et la rapidité de diffusion des informations grâce aux appareils mobiles, combinées à la double pandémie, celles de la violence à l’encontre des femmes et de la crise sanitaire mondiale ont mis en exergue un problème grandissant, la cyberviolence basée sur le genre.

Le Centre de Recherches, d’Études, de Documentation et d’Information sur la Femme (CREDIF) du ministère de la Famille, de la Femme, de l’Enfance et des Personnes Agées (MAFFPA) à travers différentes formes d’action, chercher à décrypter, informer, sensibiliser et à lutter contre la violence cybernétique basée sur le genre à l’encontre des femmes. Selon l’étude exploratoire élaborée par le CREDIF portant sur « La violence à l’encontre des femmes dans les médias sociaux : Le modèle Facebook » quatre femmes sur cinq déclarent avoir été exposées à la cyberviolence sur Facebook et 95% d’entre elles n’ont pas porté plainte. Cette étude met l’accent sur la nécessité de renforcer la culture des droits humains et la sécurité digitale notamment pour les générations futures et d’élaborer des d’actions de sensibilisation dans des formats divers et novateurs.

L’aspect digital de violence cybernétique à l’encontre des femmes et la virtualité des espaces qui l’abritent requiert le recours à des formats d’information, de sensibilisation et de plaidoyer adéquats, innovants et surtout adaptés au public cible. Partant des recommandations de son étude et de la nature spécifique de cette violence, le CREDIF prévoit de s’investir dans la mise en œuvre d’une stratégie de communication en ligne afin de s’attaquer à cette problématique.